L’attestation professionnelle offre de bonnes chances sur le marché du travail 

13.05.2015 

Les titulaires d’une attestation fédérale (AFP) au terme de deux années de formation professionnelle initiale dans les secteurs du commerce de détail et de l’hôtellerie ont en principe de bonnes chances pour réussir à s’intégrer dans le marché du travail ou pour poursuivre des formations complémentaires. Leurs chances sont comparables à celles des professionnelles et des professionnels possédant un certificat fédéral de capacité (CFC), et sont meilleures que pour les anciennes apprenties et les anciens apprentis dans les mêmes champs professionnels. C’est ce que montre l’étude de carrière AFP, un projet de coopération entre l’EHB IFFP IUFFP et la Haute école intercantonale de pédagogie curative HfH.

Dans le cadre de cette étude de carrière AFP, Dr des. Marlise Kammermann de l’EHB IFFP IUFFP suit les parcours professionnels de la première promotion de formation de deux ans sanctionnée par une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP), obtenue en 2007, dans les secteurs du commerce de détail et de l’hôtellerie. Cette étude comprend toutes les régions linguistiques suisses avec un échantillon issu de sept cantons de Suisse alémanique, de quatre cantons de Suisse romande ainsi que du Tessin. Au moyen de quatre périodes de mesure, l’intégration de 319 jeunes titulaires d’une AFP dans le marché du travail ainsi que dans des formations professionnelles continues a été analysée, et des carrières professionnelles individuelles ont été observées pendant plus de cinq ans. Pour les deux premières périodes de mesure, l’étude dispose également de données de 183 jeunes qui ont accompli un apprentissage dans la vente ou l’industrie hôtelière.

Les résultats de l’étude mettent en évidence une intégration à court terme sur le marché du travail relativement satisfaisante des personnes munies d’une attestation fédérale : la plupart des personnes interrogées avaient un emploi un an après la fin de leur formation, avaient quitté leur entreprise formatrice et trouvé un emploi dans une autre entreprise, ou suivaient une formation complémentaire CFC. Dans ce contexte, elles se distinguent nettement des anciennes apprenties et des anciens apprentis, qui, à l’issue de leur apprentissage, continuaient souvent de travailler dans leur entreprise formatrice et s’engageaient plus rarement dans une formation CFC. Les personnes titulaires d’une AFP étaient généralement satisfaites de leur travail ou de leur formation et avaient l’intention de continuer de travailler dans la profession apprise au cours des années suivantes.

De manière générale, si les perspectives professionnelles à moyen terme apparaissent prometteuses pour les personnes titulaires d’une attestation professionnelle, la plupart d’entre elles avaient un emploi deux ans et demi après leur diplôme professionnel et étaient satisfaites de leur travail, de leur formation et de leur vie. En ce qui concerne les personnes ayant suivi des classes ou écoles spéciales, une situation professionnelle précaire à court terme, un an après la fin de la formation, semble s’être à nouveau stabilisée à moyen terme. Cependant, pour plus de la moitié des titulaires d’une AFP, des premières analyses de carrières n’avaient montré aucune évolution professionnelle stable durant les deux premières années et demi suivant l’obtention de leur diplôme. Environ 45 % présentaient des évolutions non linéaires, marquées par des périodes de chômage et des changements de travail répétés. Ces évolutions indésirables étaient particulièrement courantes chez les jeunes hommes dans l’industrie hôtelière.

Dr des. Marlise Kammermann, Dr Lars Balzer de l’EHB IFFP IUFFP et Dr Achim Hättich de la HfH ont interrogé une quatrième fois les jeunes professionnelles et professionnels cinq ans après la fin de leur formation. Environ un tiers des personnes interrogées ont fait état, à ce moment-là, de carrières non linéaires avec des périodes de chômage récurrentes ou prolongées. Par rapport aux professionnelles et aux professionnels ayant un CFC dans les mêmes professions, les personnes titulaires d’une AFP étaient davantage exposées à suivre une telle évolution instable, en particulier si elles n’avaient toujours pas de débouchés sûrs peu de temps avant la fin de leur formation. C’est ce que font ressortir des analyses comparatives avec un échantillon issu de l’étude longitudinale TREE, réalisée en collaboration avec Prof. Dr Barbara E. Stalder (Université de Neuchâtel et Pädagogische Hochschule Bern). Au moment de l’enquête, plus de 85 % exerçaient une activité lucrative – dans la profession apprise ou un autre métier. Ceci est comparable à la situation des titulaires d’un CFC. La majorité se dit satisfaite de sa carrière professionnelle. Pour une personne sur trois, la formation AFP sert de tremplin vers une formation professionnelle continue, principalement vers une formation CFC.

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